Olala! Mais il y a encore quelques personnes qui passent par ici... Je me dois donc de respecter mes promesses bloguesques. Blogueuses amies
je vous ai comprises...
Depuis Choupinou, je m'étais promis que le prochain petit lutin qui rejoindra notre famille aura des couches lavables en coton bio et équitable. J'en parle un peuxici... On pourrait croire que ma motivation est pécuniaire, mais
que nenni (en général pourtant c'est l'argument choc qui va motiver une partie de la population)... Pour Choupinou j'étais partie du postulat qu'il fallait mieux économiser l'eau, et donc
utiliser des couches jetables, les moins polluantes possibles (dans le procédé de fabrication et dans le processus de décomposition). Il existe selon moi 3 marques qui remplissent au mieux ces
conditions
- Wiona, fabriquées à partir de matériaux naturels et renouvelables et à 70% biodégradable. L'amidon de Maïs remplace les matières synthétiques, la cellulose est issue de forêt gérée
durablement et blanchie sans chlore mais à l'oxygène, et elles sont recommandées pour les enfants ayant des problèmes dermatologiques.Prix: 48 couches environ 19 euros chez bébé au naturel
- Oko Moltex, fabriquées à partir de plus de 50% de matière première renouvelable d'origine contrôlée et blanchie à l'eau oxygénée... Prix: 48 couches entre 13 et 17 euros chez Natiloo
- Naturae, fabriquées à partir de cellulose non chlorées. J'utilisais cette marque pour Choupinou pour la nuit (Junior 15/25 kg), mais elles sont moins absorbantes que les Oko
Moltex...
Prix: 30 couches environ 13 euros chez Natiloo
Cependant en réfléchissant à mon ancien postulat, je me suis aperçue que j'étais dans le faux. Il est beaucoup plus écologique d'utiliser des couches lavables en coton bio et équitable que des
couches jetables.
La première réflexion concerne la gestion des déchets. Même si les couches jetables sont vantées biodégradables à x %, il faut savoir qu'il n'existe (à ma connaissance) aucune
usine de retraitement permettant de favoriser ce processus. La biodégradation est le processus qui transforme toute matière organique en molécules organiques plus petites et en dernier lieu en
CO2. Ors, la biodégradation (de n'importe quel matériel organique, cellulose, coton etc..) va dépendre de différents facteurs:
- la température,
- la concentration en oxygène,
- la population bactérienne,
- l’humidité...
N’essayez même pas de composter vos couches dans le fond de votre jardin, car le temps nécessaire à la biodégradation (partielle) de votre couche sera toujours plus grand que la vitesse
d’accumulation. Une des solutions serait que les usines de compostage dans les nombreuses villes qui pratiquent le tri sélectif et le recyclage des ordures ménagères soient équipées de structure
permettant le compostage des couches biodégradables.
Ensuite les couches sont principalement constituées de cellulose (C6H10O5)n (n compris entre 200 et 14 000) qui est le principal constituent des végétaux. La
cellulose constitue la matière organique la plus abondante sur la Terre (plus de 50 % de la biomasse). La quantité synthétisée par les végétaux est estimée à 50-100 milliards de tonnes par an. Il
existe 2 principales sources qui permettent la fabrication de la cellulose, le coton et le bois. La cellulose des couches est principalement issue de la pâte de bois, et la
production de cette dernière est extrêmement coûteuse en énergie et en eau. Lorsqu’un petit bout débarque dans une famille, la fréquence des lessives s’en voit considérablement augmentée, couches
lavables ou non. En utilisant:
-une machine à laver classe A, le soir, chargée des vêtements de toute la
famille,
- une lessive faite main, à base d’huiles essentielles, de savon de Marseille, de vinaigre,
laver des couches est un procédé beaucoup moins coûteux en eau et en énergie, et qui produit peu, voir pas, de déchets chimiques dangereux pour la santé ou l’environnement, en comparaison de
l'utilisation de couches jetables.
Et le dernier point que j’aimerais traiter est celui des forêts génétiquement modifiées. Des arbres: peulier Populus, pin Pinus, copalme d'Amérique
Liquidambar, et l' Eucalyptus, ont été génétiquement modifiés. Le but ultime serait leur culture intensive, principalement pour l’industrie du papier, de la pâte à bois, et de
la gomme. Les modifications génétiques effectuées portent surtout sur:
- la tolérance à un herbicide (32%) afin de faciliter la gestion des cultures d’arbustes comme le cotonnier ;
- l’insertion de gènes traceurs (27%), pour évaluer les impacts sur l’environnement, ce gène traceur étant pisté pour suivre sa dissémination ;
- la résistance à un insecte (12%), pour les arbres sujets aux attaques de parasites ;
- la modification de la teneur en lignine (9%), pour diminuer la pollution générée lors du traitement du bois dans la fabrication de papier et de pâte à bois.
D’autres modifications (20%) portent sur la croissance, la stérilité et la tolérance au froid, au chaud ou à la sécheresse.
En 2004, 210 essais en champs d’arbres GM étaient enregistrés et 520 activités de recherche et/ou de développement étaient conduites dans 35 pays (48% en Amérique du Nord, 32% en Europe, 14% en
Asie, 5% en Océanie, 1% en Amérique du Sud et moins de 1% en Afrique). En France l’INRA (1)(2) est l’organisme qui s’occupe de
ces essais.
Cependant en Chine, plus d'un million d'arbres génétiquement modifiés ont été plantés dans le cadre d'initiatives de
reboisements, depuis que la commercialisation a été approuvée par l'administration publique chinoise de la sylviculture en 2002.
Les OGM étant un sujet à polémique, je ne veux pas faire de débat ici… Je vous laisse consulter les quelques articles glanées sur Institute of Science In Society, ou encore sur Inf’OGM.
Reste cependant un facteur persistant chez beaucoup de personnes, farouchement opposées à l'utilisation de couches lavables. En effet, j'entend parler deretour en arrière(et on
pourrait développer le concept, car selon moi une prouesse technologique, n'aboutit pas indéniablement, à un progrèsenvironnemental, écologique ou encore sanitaire...). Il faudrait que je demande à
ma maman, si elle avait eu le choix qu'aurait elle utilisé dans les années 70? le lavable ou le jetable? Je ne veux absolument pas jeter la pierre ici. Ecologiquement parlant le lavable est ce
qu'il y a de moins polluant, car moins couteux en eau, énergie et déchets chimiques. Qu'on soit bien clair là-dessus. Après que pour des raisons personnelles, on choissise le jetable, je n'ai
absolument rien à redire, à partir du moment que ce choix est assumé. Mais qu'on viennent pas me dire qu'écologiquement ce soit mieux.
- Est-ce vraiment plus couteux en temps? Beaucoup de personnes pensent que laver une couche va empiéter de manière colossale sur leur temps libre, ce dont je doute fortement. A moins que ces
personnes aient complétement supprimé la machine à laver. Il suffit de laver les couches en même temps que n'importe quel autre vêtement ou textile.
- Est-ce vraiment moins pratique? Là il y a peut être un point. Lorsqu'on est en balade et qu'on change la couche du petit dernier, hop dans la poubelle et on se barre en douce, histoire que
personne ne sache que la bombe chimique déposée vient de nous. Avec du lavable, il faudra se trimballer non pas la bombe chimique, on l'aura jetée dans les toilettes, mais la couche sale. Moi
j'ai trouvé la solution, j'ai investi dans un super beau grand sac (sans pvc et fabriqué à base de plastique recyclé) ou je pourrais trimballer les langes propres (et sales) de la grenouille.
BioBlablabla